Contact Info

  • ADRESSE : MY HEALTH 20 AOÛT : 18, Rue Lavoisier, Quartier des Hôpitaux – Casablanca

  • TÉLÉPHONE:+212 6 64 66 54 45

  • E-MAIL:

    [email protected]

     
  • Home  
  • InfoSanté : jeûne du Ramadan avec le diabète optimiser
- Diabète et Ramadan

InfoSanté : jeûne du Ramadan avec le diabète optimiser

Le jeûne du Ramadan avec le diabète demande de la préparation, un suivi médical et quelques réflexes simples. Pour les 1,1 à 1,6 milliard de musulmans dans le monde, ce mois est un moment spirituel, familial et communautaire fort. Mais pour une personne diabétique, de longues heures sans manger ni boire, suivies d’un repas souvent […]

InfoSanté : jeûne du Ramadan avec le diabète optimiser

Le jeûne du Ramadan avec le diabète demande de la préparation, un suivi médical et quelques réflexes simples. Pour les 1,1 à 1,6 milliard de musulmans dans le monde, ce mois est un moment spirituel, familial et communautaire fort. Mais pour une personne diabétique, de longues heures sans manger ni boire, suivies d’un repas souvent copieux à la rupture, peuvent bouleverser la glycémie.

Dans cet article InfoSanté, nous faisons le point sur les risques, les situations où le jeûne est déconseillé, l’adaptation du traitement, la surveillance de la glycémie et l’alimentation au Ftour (Iftar) et au Shour (Sohoor). Selon les calculs astronomiques, le prochain Ramadan devrait débuter vers le 8 février 2027, sous réserve de l’observation officielle du croissant lunaire : le bon moment pour s’y préparer avec son médecin.

L’essentiel à retenir

  • Jeûner ou non est un choix personnel et éclairé, à prendre avec son médecin, idéalement 1 à 2 mois avant le Ramadan.
  • Les trois grands risques sont l’hypoglycémie, l’hyperglycémie (avec risque d’acidocétose) et la déshydratation.
  • Rompre le jeûne si la glycémie passe sous 0,70 g/L (3,9 mmol/L) ou au-dessus de 3 g/L (environ 16,6 mmol/L), ou en cas de malaise.
  • Ne jamais modifier son traitement seul : l’adaptation se fait avec un médecin.
  • Mesurer sa glycémie pendant la journée est autorisé et n’annule pas le jeûne.

Peut-on faire le Ramadan quand on est diabétique ?

Il n’existe pas de réponse unique. Tout dépend du type de diabète, de son équilibre, du traitement suivi, des complications éventuelles et de l’état de santé général. Sur le plan religieux, l’Islam dispense les personnes malades ou fragiles de jeûner : le Coran (sourate Al-Baqara, versets 184 et 185) prévoit de reporter les jours de jeûne ou de les compenser en nourrissant une personne dans le besoin, et rappelle que la religion ne cherche pas à rendre les choses difficiles.

Le choix de jeûner reste donc personnel, mais il doit être une décision éclairée, prise avec son médecin. Le diabète étant une maladie évolutive, ce qui était possible une année peut ne plus l’être la suivante : il faut refaire le point avant chaque Ramadan.

Que se passe-t-il dans le corps pendant le jeûne ?

Après un repas, le glucose entre dans les cellules grâce à l’insuline pour produire de l’énergie, et l’excédent est stocké dans le foie sous forme de glycogène. Pendant le jeûne, la glycémie et la production d’insuline diminuent et le foie libère peu à peu ses réserves. Ces réserves couvrent environ 24 heures. Au-delà, l’organisme fabrique du glucose à partir des protéines (muscles) et des graisses.

Chez la personne diabétique, la production hépatique de glucose et la sécrétion d’insuline sont perturbées, et certains médicaments stimulent l’insuline : les complications peuvent donc apparaître beaucoup plus vite.

Schéma du fonctionnement du corps pendant le jeûne du Ramadan avec un diabète : glycogène du foie, insuline et glycémie
Les réserves de glycogène du foie et le rôle de l’insuline pendant le jeûne.

Quels sont les risques du jeûne du Ramadan pour une personne diabétique ?

Le Ramadan combine deux contraintes : un jeûne prolongé en journée, puis un rythme alimentaire et un sommeil bouleversés. L’étude EPIDIAR, menée dans 13 pays et citée dans les recommandations internationales IDF-DAR, a montré que le risque d’hypoglycémie sévère (nécessitant une hospitalisation) était multiplié par environ 4,7 dans le diabète de type 1 et par 7,5 dans le diabète de type 2 pendant le Ramadan. Le risque d’hyperglycémie sévère était multiplié par environ 3 et 5.

L’hypoglycémie : le risque principal pendant la journée

Une glycémie trop basse peut survenir en cas de jeûne prolongé, de Shour sauté ou pris trop tôt, ou d’activité physique intense. Le risque est plus élevé sous insuline ou avec certains médicaments stimulant l’insuline (sulfamides, glinides). Une hypoglycémie impose de rompre le jeûne immédiatement et de se resucrer : elle peut aller jusqu’au malaise grave, voire au coma.

L’hyperglycémie et l’acidocétose : le risque après la rupture du jeûne

Un Ftour très copieux, riche en sucres, ou des grignotages répétés peuvent faire grimper la glycémie. Les signes d’alerte sont une soif intense et des envies fréquentes d’uriner. Si l’insuline manque, l’organisme dégrade les graisses et produit de l’acétone : le sang s’acidifie, c’est l’acidocétose, une complication grave qui nécessite une prise en charge urgente, le plus souvent à l’hôpital.

La déshydratation

Elle est favorisée par la chaleur et aggravée par l’hyperglycémie, qui augmente la quantité d’urines. Elle peut déséquilibrer encore davantage la glycémie et fatiguer les reins. Les personnes âgées et les personnes qui ont de la fièvre sont particulièrement exposées. Une glycémie élevée augmente aussi le risque de thrombose (caillot sanguin).

Infographie sur les risques du Ramadan avec un diabète : hypoglycémie, hyperglycémie et déshydratation
Les trois risques à surveiller et les seuils qui imposent de rompre le jeûne.

Quand faut-il interrompre le jeûne ?

  • Si la glycémie est inférieure ou égale à 0,70 g/L (3,9 mmol/L).
  • Si la glycémie atteint ou dépasse 3 g/L (environ 16,6 mmol/L).
  • En cas de malaise, de symptômes importants ou de signes de déshydratation.

En cas de perte de connaissance, de confusion importante, de difficulté respiratoire ou de suspicion d’acidocétose, demandez une aide médicale urgente.

Dans quels cas le jeûne est-il déconseillé avec un diabète ?

Le jeûne du Ramadan est déconseillé, voire contre-indiqué, dans les situations suivantes :

  • les femmes enceintes, y compris en cas de diabète gestationnel ;
  • les enfants avant la puberté et les personnes âgées fragiles ;
  • un diabète déséquilibré traité par insuline, sans schéma thérapeutique adapté ;
  • des hypoglycémies fréquentes, une hypoglycémie sévère dans les trois derniers mois, ou des hypoglycémies qu’on ne ressent plus ;
  • des complications non contrôlées cardiovasculaires, neurologiques ou rénales ;
  • une maladie aiguë ou une infection (grippe, fièvre…) ;
  • un métier physiquement intense sans possibilité d’aménager les horaires ;
  • un traitement très difficile à adapter.

Les recommandations internationales IDF-DAR (Fédération internationale du diabète et Alliance Diabète et Ramadan) classent les patients en trois niveaux de risque :

Risque très élevé : hypoglycémie sévère ou acidocétose récente, hypoglycémies répétées ou non ressenties, diabète de type 1 mal contrôlé, insuffisance rénale avancée ou dialyse, grossesse sous insuline, personne âgée fragile ou maladie aiguë.

Risque élevé : diabète de type 2 mal contrôlé, type 2 bien contrôlé sous plusieurs injections d’insuline, type 1 bien contrôlé, insuffisance rénale modérée ou exercice physique intense.

Risque faible à modéré : diabète de type 2 bien contrôlé sous antidiabétiques oraux, GLP-1 et/ou insuline basale.

Consulter son médecin avant le Ramadan : quand et pourquoi ?

Idéalement, prenez rendez-vous avec un diabétologue ou votre médecin traitant 1 à 2 mois avant le début du Ramadan. Cette consultation permet d’évaluer votre niveau de risque (équilibre du diabète, hémoglobine glyquée, complications, traitement), de décider ensemble de jeûner ou non, d’adapter le traitement et de prévoir le plan de surveillance. Le médecin doit connaître les médicaments antidiabétiques et savoir adapter les prises, voire les remplacer.

Traitement du diabète pendant le Ramadan : ce qui peut changer

Les informations ci-dessous, issues de la Fédération française des diabétiques, sont données à titre indicatif. Chaque situation est unique : seul votre médecin peut adapter votre traitement.

Traitement Conduite à envisager pendant le jeûne
Sulfamides hypoglycémiants en une prise par jour Réévaluation nécessaire en raison de leur durée d’action et du risque d’hypoglycémie.
Glinides ou sulfamides pris avant chaque repas Le schéma doit être vérifié avec le médecin en fonction des repas et du médicament.
Metformine Peut généralement être maintenue avec des horaires adaptés à la prescription.
Gliptines (inhibiteurs de la DPP-4) Risque d’hypoglycémie généralement faible lorsqu’elles sont utilisées seules ; suivre la prescription.
Insuline basale Une adaptation de la dose peut être nécessaire ; les bolus sont ajustés aux repas avec le médecin.
Insuline rapide Les doses dépendent des repas réellement pris et du plan prescrit.
Insulines prémélangées Le schéma doit être réévalué avant le Ramadan en raison du risque d’hypoglycémie.

Attention : ne supprimez pas une injection, ne déplacez pas une prise et ne modifiez pas une dose de votre propre initiative. Les consignes dépendent du type de diabète, du traitement et de votre profil de risque.

Surveiller sa glycémie pendant le jeûne

L’autosurveillance glycémique est indispensable pendant le Ramadan. La fréquence des mesures dépend du traitement et du risque individuel. Certaines personnes ont besoin de contrôles avant les repas, à plusieurs moments de la journée et dès l’apparition de symptômes. Suivez le programme défini par votre médecin. Si vous ressentez peu vos hypoglycémies, une surveillance plus fréquente peut être nécessaire. Un système de mesure en continu du glucose avec alarmes peut également être envisagé.

Rompez le jeûne si :

  • votre glycémie est inférieure ou égale à 0,70 g/L (3,9 mmol/L) : prenez rapidement du sucre selon les consignes de votre équipe soignante ;
  • votre glycémie est supérieure ou égale à 3 g/L (environ 16,6 mmol/L) ;
  • vous ressentez une fatigue intense, un malaise, des étourdissements, des vomissements ou une diarrhée.

La mesure de la glycémie capillaire et l’utilisation d’un capteur ne rompent pas le jeûne selon les avis médicaux couramment diffusés. En cas de symptômes, ne retardez jamais une mesure pour des raisons religieuses.

Alimentation : bien manger au Ftour et au Shour

Pendant le Ramadan, l’alimentation est souvent festive, riche en graisses et en sucres, et pauvre en fibres. Pour limiter les pics de glycémie, répartissez votre alimentation sur deux repas principaux (Ftour et Shour) et, si nécessaire, une collation adaptée, plutôt que de consommer de grandes quantités en une seule fois.

Au Ftour (Iftar) : rompre le jeûne en douceur

  • Commencez par de l’eau. Si vous mangez des dattes, tenez compte de leurs glucides dans votre repas et dans votre plan de gestion de la glycémie.
  • Composez ensuite un repas équilibré : légumes, protéines maigres (volaille sans peau, poisson, légumineuses) et céréales complètes.
  • Évitez les fritures, les portions excessives, les boissons sucrées et les pâtisseries très sucrées.
  • Mangez lentement et adaptez les portions à vos besoins et aux recommandations de votre professionnel de santé.

Entre les repas : la collation

Une collation peut être utile selon votre traitement, votre activité et vos besoins. Vous pouvez choisir un yaourt nature, quelques noix ou un autre aliment adapté à votre plan alimentaire. Les personnes sous insuline doivent suivre les consignes spécifiques qui leur ont été données. Évitez le grignotage continu, qui peut contribuer à maintenir la glycémie élevée.

Au Shour (Sohoor) : le repas qui aide à tenir

  • Ne sautez pas le Shour et prenez-le aussi près que possible de l’aube, dans le respect de l’horaire du jeûne.
  • Privilégiez les aliments riches en fibres et les glucides à absorption plus lente : pain complet, avoine, légumineuses ou céréales complètes.
  • Ajoutez des protéines et des graisses insaturées : œufs, yaourt nature, fromage adapté ou noix.
  • Limitez les aliments très salés et les boissons très sucrées.
Conseils alimentaires pour les personnes diabétiques pendant le Ramadan : Ftour équilibré, collation et Shour riche en fibres et protéines
Les bons réflexes alimentaires au Ftour, en collation et au Shour.

Hydratation : buvez régulièrement de l’eau entre le Ftour et le Shour. Les besoins varient selon la température, l’activité physique, les traitements et les éventuelles maladies rénales ou cardiaques. Si votre médecin vous a prescrit une restriction hydrique, respectez-la.

Activité physique, sommeil et vie quotidienne

Limitez l’activité physique intense pendant les heures de jeûne, surtout en cas de forte chaleur. Privilégiez une activité d’intensité faible à modérée, adaptée à votre état de santé, par exemple après la rupture du jeûne. Si vous utilisez de l’insuline ou des médicaments qui provoquent des hypoglycémies, demandez conseil avant de modifier votre activité.

Veillez aussi à préserver votre sommeil, car le décalage des horaires peut compliquer la gestion du diabète. N’hésitez pas à impliquer votre famille et vos proches : ils peuvent vous aider à reconnaître les signes d’alerte et à réagir en cas de malaise.

Diabète et Ramadan : les 10 réflexes à retenir

  1. Consulter son médecin 1 à 2 mois avant le Ramadan.
  2. Connaître son niveau de risque et refaire le point chaque année.
  3. Ne jamais adapter son traitement sans avis médical.
  4. Savoir reconnaître l’hypoglycémie, l’hyperglycémie et l’acidocétose.
  5. Mesurer sa glycémie selon le programme défini avec son médecin.
  6. Accepter de rompre le jeûne en cas de seuil d’alerte ou de malaise.
  7. Ne pas sauter le Shour et prévoir un Ftour équilibré.
  8. Manger équilibré et éviter les fritures, les excès de sucres et le grignotage continu.
  9. Bien s’hydrater entre le Ftour et le Shour, selon ses besoins médicaux.
  10. Limiter l’effort physique pendant le jeûne et se faire accompagner par ses proches.

Questions fréquentes sur le jeûne du Ramadan et le diabète

Un diabétique de type 2 peut-il faire le Ramadan ?

Parfois, à condition que le diabète soit équilibré, le traitement adapté et l’avis médical favorable. Le niveau de risque est généralement plus faible chez certaines personnes bien contrôlées sous traitements peu susceptibles de provoquer une hypoglycémie. Il peut être élevé en cas de diabète mal contrôlé, de complications ou de traitement par insuline nécessitant plusieurs injections.

Mesurer sa glycémie rompt-il le jeûne ?

Non, la mesure de la glycémie capillaire est considérée comme compatible avec le jeûne dans les avis couramment diffusés. Elle est importante pour la sécurité des personnes diabétiques.

À partir de quelle glycémie faut-il rompre le jeûne ?

Il faut interrompre le jeûne si la glycémie est inférieure ou égale à 0,70 g/L (3,9 mmol/L) ou supérieure ou égale à 3 g/L (environ 16,6 mmol/L), ainsi qu’en cas de malaise ou de symptômes inquiétants.

Peut-on garder la metformine pendant le Ramadan ?

La metformine peut généralement être maintenue avec des horaires de prise adaptés. Le schéma exact dépend de la prescription, de la formulation du médicament et de l’état de santé. Demandez conseil à votre médecin.

Que manger pour rompre le jeûne quand on est diabétique ?

Buvez de l’eau, puis prenez un repas équilibré comprenant des légumes, des protéines et des aliments riches en fibres. Les dattes contiennent des glucides : adaptez la quantité à votre plan alimentaire et aux conseils de votre équipe soignante.

En résumé

Le jeûne du Ramadan avec le diabète n’est ni automatiquement interdit, ni sans risque. Une consultation en amont, un traitement adapté, une surveillance rigoureuse de la glycémie, une alimentation équilibrée et la capacité à rompre le jeûne en cas de besoin permettent de mieux protéger sa santé. En cas de doute pendant le Ramadan, contactez votre médecin, votre pharmacien ou les urgences selon la gravité des symptômes.

Ramadan Moubarak à toutes celles et ceux qui le vivent.

À lire aussi sur le blog

À propos de nous

Diabète Solutions vous offre des conseils fiables, clairs et pratiques pour mieux comprendre et vivre avec le diabète.

Écrivez-nous par e-mail :

 

Contact: +212 6 64 66 54 45

Articles les plus populaires

Copyright  @2026. All Rights Reserved, Créiation et Réferencement